jeudi 28 juin 2012

Urashima Taro le pêcheur (conte japonais)



 Il était une fois, un jeune pêcheur, Taro. Un matin, prenant sa barque, il aperçut des garçons qui s’amusaient  à tourmenter une petite tortue.
- Mais ça ne se fait pas de faire souffrir un animal! Laissez cette pauvre tortue tranquille!
- Oncle Taro si on t’obéit, qu’est que tu nous donneras ?
- Je vous offrirai une toupie.
- On obéit à Oncle Taro ! dit le plus âgé d’entre eux.
Taro prît délicatement la petite tortue et la remit à l’eau.
- Au-revoir petite tortue ! Au-revoir !
Et il partît pêcher en mer.
A son retour, Taro alla acheter une toupie pour les garçons et, comme il était généreux, il prît aussi un cadeau pour ses parents. Quelques jours plus tard, Taro avait jeté son filet au large, lorsque, brusquement, le vent se leva. Debout, Taro ramait de toutes ses forces pour revenir vers la côte mais la barque chavira. Taro perdît connaissance et se sentit entraîné vers les fonds. Quand Taro se réveilla, il était assis sur le dos d’une grande tortue qui lui parla.
- Taro-san, monsieur Taro, vous avez sauvé mon fils des mains d’enfants cruels. Je vous en suis reconnaissante et je vais vous le prouver en vous emmenant au palais de la princesse de l’océan Otohimé-sama.
Au palais de la belle Otohimé-sama, Taro fût accueilli par la princesse en personne.
- Aimable Taro, sois le bienvenu. Ce soir, je donne une grande fête en ton honneur.
Dans le salon de cristal, Taro vit danser des poissons aux mille couleurs. Il goûta à des beignets de fruits de mer et à des gâteaux de riz servis par d’élégantes pieuvres rouges. Ensuite, la princesse chanta en s’accompagnant au koto une sorte de cithare.
Sakura
Yayoi no sora wa
Miwatasu kagiri
Kasumi ka kumo ka
Nioi zo izuru
Izaya, izaya,
Mi ni yukan
Cerisier (bis)
Le ciel du mois de mars est éternel
Brume et nuages se dissipent
Allons voir (bis)
allons voir les cerisiers...
Taro ne s’apercevait pas du temps qui passait. Il vécut une année heureux sans soucis. Puis, peu à peu, il se mît à penser à sa famille et il eût envie de retourner chez lui.
- Belle princesse, vous m’avez donné beaucoup de bonheur …. mais il est temps que je rentre à la maison.
- Taro je regretterai ton départ mais fais ce qu’il te plaît. En signe d’amitié, accepte ce Tamaté-bako, cette boîte…ne l’ouvre jamais.
Taro s’inclina profondément pour saluer la princesse et s’en alla.
En un rien de temps, la grande tortue le déposa au rivage. Taro courut vers sa maison, il avait hâte de retrouver sa famille. Mais ….à l’endroit où aurait dû se trouver sa maison il y avait un jardin avec des arbres centenaires.
- C’est pourtant ici ! Je ne me trompe pas !
Il alla au village pensant y trouver la réponse aux questions qu’il se posait…. mais au village il ne reconnut rien ni les maisons ni les personnes qu’il croisait ! Inquiet, il se dirigea vers un vieillard et en s’inclinant lui demanda :
- Est-ce que vous connaissez la maison d’Urashima Taro?
Oh non, il n’y a personne de ce nom au village ……mais … mais laissez-moi réfléchir….il y a bien longtemps quand j’étais petit, j’ai entendu mon grand-père raconter qu’un gentil garçon du nom d’Urashima Taro avait disparu en
mer un jour de tempête et que ses parents en sont morts de chagrin.
- Vous avez entendu ça quand vous étiez petit ?
Taro n’en revenait pas ! Comment était-ce possible qu’une année passée au palais de la princesse corresponde à cent ans sur terre. Pendant qu’il réfléchissait, il regarda la boîte que la princesse lui avait offerte.
Cette boîte. Ne l’ouvre jamais…
Et si j’ouvrais cette boîte ? Que peut-il m’arriver de pire que ce que je vis en ce moment ? pensa-t-il en ouvrant la boîte. Une fumée blanche s’en échappa et l’enveloppa. Alors, ses beaux cheveux noirs devinrent tout blancs,
son dos se voûta, ses mains se mirent à trembler et, Taro ressembla à un très, très, très vieux monsieur. Et oui la princesse, en signe d’amitié, avait offert à Taro l’éternelle jeunesse et avait enfermé dans la boîte sa vieillesse.

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